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Contrôleur de monitoring logiciel ou matériel : lequel choisir ?
Un contrôleur de monitoring remplit trois fonctions : choisir ce que vous écoutez, l'envoyer vers les bonnes enceintes et régler un niveau auquel vous pouvez revenir. Le logiciel assure les trois avant le convertisseur. Le matériel garde l'avantage sur quelques points. Voici, honnêtement, ce qui revient à chacun.
- Vous mixez sur une seule paire, sans jamais passer d'une écoute à l'autre, toujours au même niveau : vous n'avez peut-être besoin ni de l'un ni de l'autre.
- Le logiciel gère la commutation des sources et des enceintes, un volume calibré, les vérifications mono et side, le dim et le mute, dans le domaine numérique, avant votre convertisseur, sans rien ajouter à la chaîne analogique.
- Le matériel apporte encore un bouton physique, un ampli casque, un convertisseur, le talkback et le monitoring multicanal, et il reste opérationnel quand l'ordinateur ne l'est plus.
Ce que fait un contrôleur de monitoring
- Le choix de la source : votre DAW, une référence, une autre entrée.
- La commutation des enceintes : les écoutes principales, une paire secondaire, le casque.
- Un volume auquel vous pouvez revenir, idéalement calibré, pour que « normal » désigne le même niveau chaque jour.
- Les vérifications : mono, side, gauche seule, droite seule, canaux inversés, dim et mute.
- Sur les gros modèles : le talkback, les mix casque des musiciens, la mesure des niveaux.
En avez-vous vraiment besoin ?
Si vous mixez sur une seule paire d'enceintes, sans jamais vérifier au casque ni sur une deuxième paire, et toujours au même niveau, vous pouvez vous en passer. Le besoin apparaît dès que vous voulez commuter enceintes et casque, calibrer votre niveau d'écoute, protéger vos écoutes d'une salve accidentelle à pleine échelle ou travailler à bas volume sans perdre le grave.
Où chacun se place sur le trajet du signal
Un contrôleur matériel se place après le convertisseur de votre interface audio, dans le domaine analogique. Un contrôleur passif, c'est un commutateur et un atténuateur ; un contrôleur actif ajoute un étage de gain analogique, et les modèles dotés de leur propre convertisseur ajoutent une conversion.
Un contrôleur logiciel se place avant le convertisseur. Le volume et la commutation se font dans le domaine numérique, et le convertisseur reçoit le signal final : rien ne s'ajoute à la chaîne analogique.
Le seul argument théorique en faveur d'un volume analogique, c'est la résolution : atténuer en numérique abaisse le signal par rapport au bruit de fond propre du convertisseur. Avec une interface 24 bits moderne et des niveaux d'écoute normaux, ce bruit de fond reste très en dessous de celui de la pièce.
Ce que le logiciel sait faire, et pas le matériel
Parce qu'il tourne sur l'ordinateur, un contrôleur logiciel connaît deux choses qu'un boîtier analogique ne connaîtra jamais : l'application qui joue, et le niveau auquel vous écoutez. Cela rend possible :
- une référence prise dans n'importe quelle app, à niveau égal, sans rien importer (voir l'A/B à niveau égal) ;
- une compensation loudness liée au volume, pour que le grave tienne quand vous travaillez bas (voir la compensation loudness) ;
- une mesure du signal lui-même, prise avant le volume, pour que le loudness et le true peak ne bougent pas avec le niveau d'écoute ;
- une protection par sortie, comme un limiteur brick-wall et un coupe-bas de sécurité ;
- un pilotage depuis n'importe où : un contrôleur MIDI, le clavier, un téléphone.
Ce que seul le matériel sait faire
- Un bouton que vous saisissez sans regarder. Côté logiciel, n'importe quel contrôleur MIDI en tient lieu et s'assigne en quelques secondes.
- Un ampli casque et un convertisseur. Un contrôleur logiciel utilise les sorties de votre interface : leur qualité est celle de votre interface.
- Le talkback et les mix casque, sur les gros modèles.
- Le monitoring multicanal. Le travail en surround et en immersif demande un contrôleur conçu pour cela, matériel ou logiciel. Un contrôleur logiciel stéréo n'en est pas un.
- L'indépendance vis-à-vis de l'ordinateur. Si l'ordinateur se bloque ou redémarre, un boîtier matériel continue de fonctionner.
Latence
Un contrôleur logiciel tourne à la taille de buffer de votre interface, comme toute application audio. C'est une chaîne d'écoute, pas un plug-in dans votre session : il n'ajoute rien à la latence d'enregistrement ou de lecture du DAW lui-même. La capture d'une autre application ajoute son propre petit buffer, sur cette source uniquement.
Comment choisir
| Votre besoin | Choisissez |
|---|---|
| Un bouton de volume et une seule paire d'enceintes | Un contrôleur matériel passif, ou aucun |
| Un meilleur ampli casque ou un meilleur convertisseur | Une interface ou un contrôleur matériel qui en est équipé |
| Commutation enceintes et casque, calibration, protection | Un logiciel, avec un bouton MIDI si vous en voulez un |
| Une référence en streaming, des mix faits à bas volume qui passent bien partout | Un logiciel |
| Talkback, mix casque, surround | Du matériel, ou un logiciel conçu pour le multicanal |
Un contrôleur de monitoring stéréo, en logiciel
PHON est notre contrôleur de monitoring pour Mac :
- deux sources et trois sorties stéréo, commutées avec un fondu enchaîné ;
- un volume calibré selon l'ITU-R BS.1116, la SMPTE RP 200 ou le K-System, avec une compensation loudness qui le suit ;
- les vérifications mono, side, gauche, droite et canaux inversés, le dim et le mute, un corrélomètre ;
- un limiteur brick-wall et un coupe-bas de sécurité par sortie ;
- n'importe quel contrôleur MIDI comme bouton, le pavé numérique, ou votre téléphone en télécommande.